2019

Blanco en blanco

Chili, Espagne, Allemagne, France / 2019 / 100’

Espagnol (sous-titres français)

Réalisation   Théo Court

Scénario        Théo Court, Samuel M. Delgado, Laure Desmazières

Prix Orizzonti du meilleur réalisateur / Mostra de Venise 2019

Grand Prix « Coup de Cœur » / Festival Cinelatino, Toulouse 2020

PHOTOGRAPHIE

José A. Alayón, Mauro Herce

MONTAGE

Manuel Muñoz Rivas

MUSIQUE

Jonay Armas

PRODUCTION

El Viaje, Don Quijote Films, Pomme Hurlante Films, Kundschafter Filmproduktion

DISTRIBUTION 

Stray dogs

INTERPRÉTATION  

Alfredo Castro, Lars Rudolf, Lola Rubio, Alejandro Goic, David Pantaleón

Synopsis

Une aura de fin de siècle plane au bout du monde, sur la Terre de Feu. On y annonce le mariage d’un latifundiste omnipotent, Mr Porter, propriétaire de ces terres dérobées aux autochtones et désormais imprégnées de violence. Un photographe d’une cinquantaine d’années s’y rend pour immortaliser cette union. Avec lui voyage une fillette, la future épouse, dont la beauté magnétique l’obsède. Cette obsession l’amènera à conclure un pacte, celui de trahir le pouvoir pour assouvir sa passion.

Critique

Pour son second long-métrage, Court a reconstitué les confins du Chili du XIXème siècle, et il l’a fait avec une esthétique très proche du romantisme du peintre allemand Friedrich, avec des intérieurs sombres et bleutés qui contrastent avec le blanc délavé et estompé, comme montré derrière un voile fantasmagorique. Une proposition photographique de José Ángel Alayón aussi risquée qu’élégante : chaque plan répond à un travail sur la lumière et à une composition élaborée en toute conscience, avec une grande attention portée au détail, et davantage centrée sur ce qui se cache que sur ce qui se voit. Avec l’entrée de la lumière, se révèlent les photos et les secrets. Le réalisateur place le spectateur derrière l’appareil photo – du point de vue du photographe, changement de format inclus – afin de le faire réfléchir sur la mémoire et la construction de l’Histoire, à travers ce qui est dans le champ et non de ce qui est hors-champ. Blanco en Blanco est une narration délicate et lente qui, au fur et à mesure qu’elle gagne en luminosité, devient de plus en plus sauvage et sèche, une réflexion sur l’Art qui n’est humaniste que si les yeux de ceux qui le pratiquent et de ceux qui le voient sont  bienveillants.

Source

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