ÉDITION ONLINE 16E IHA

Du 26 mars au 5 avril 2021

à propos

DEPUIS SA CRÉATION, 650 FILMS ESPAGNOLS !

Au début des années 80, la coïncidence entre la nouvelle situation politique de l’Espagne et la présence de la cinématographie espagnole dans nombre de festivals dans le monde ont suscité en France un fort courant de sympathie et de curiosité. C’est de la volonté et du désir de quelques personnes de faire découvrir une cinématographie injustement méconnue qu’est née La Quinzaine du Cinéma Espagnol d’Annecy, baptisée depuis Biennale du Cinéma Espagnol. L’équipe du festival est alors centrée sur la figure de Raoul Rodriguez, fondateur et Délégué général de la manifestation depuis sa création en 1983 jusqu’à 2002.

De 1983 à 1992, le festival se tient à la MJC des Marquisats. Grâce au soutien sans réserve des professionnels du cinéma espagnol, de l’appui constant et réitéré de l’Instituto de Cinematografía y de las Artes Audiovisuales (ICAA) et grâce, enfin, aux nombreux réalisateurs qui sont venus rencontrer les annéciens, la Biennale a pu s’installer, s’affirmer comme un témoignage régulier de la vitalité et de la qualité du cinéma espagnol. Néanmoins, elle n’aurait pu voir le jour sans l’engagement artistique et financier de la MJC des Marquisats et sans les nombreux relais dans l’enseignement, la communauté espagnole et les acteurs de la cinéphilie locale.

Après la disparition des Marquisats, l’Association pour la Diffusion de la Culture Hispanique (ADCH) est créée en 1993 pour gérer la manifestation. La poursuite de la Biennale, manifestation qui ne cesse de se développer, est alors rendue possible grâce à l’accueil de Bonlieu Scène Nationale et aux aides et subventions de la Ville d’Annecy, du Conseil Général de Haute- Savoie, de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Rhône-Alpes (DRAC), du Ministère de l’Education Nationale, de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports, de l’Association des Cinémas de Recherche Indépendants de Rhône-Alpes (ACRIRA), de la Ville de Seynod ; sans oublier les recettes dues aux milliers de spectateurs, au mécénat et à la publicité d’entreprise.

En 1994, pour répondre, entre deux Biennales, à une attente du public qui trouvait long l’intervalle de deux ans imposé par le système biennal, l’ADCH décide d’organiser les Images Hispano-américaines , festival consacré aux cinémas d’Amérique latine et dont la 9e édition en 2011 a réuni près de 5 000 spectateurs.

Depuis sa naissance, la Biennale du cinéma espagnol d’Annecy se veut le reflet de la cinématographie de qualité de la péninsule Ibérique comme des questions qui traversent la société espagnole, une des plus jeunes démocraties d’Europe. Dès le début, un des principaux objectifs de la manifestation a été de favoriser l’arrivée en France de nouveaux réalisateurs et la distribution de nouveaux films espagnols. Partant de ce constat et des difficultés à trouver des solutions du fait d’un système de marché international du film dominé et contrôlé par les Etats-Unis, il nous est apparu évident de faire découvrir au public, et si possible aux professionnels français, “la face cachée” du cinéma espagnol.

Sans exclure les vedettes comme Almodóvar ou Bigas Luna, la Biennale a choisi de contribuer prioritairement à faire émerger les jeunes générations de cinéastes en créant une Compétition Jeunes Réalisateurs en 1996. Le Grand Prix a ainsi permis de découvrir, souvent pour la première fois en France, les premiers films de nombreux jeunes cinéastes de la péninsule tels Alejandro Amenábar, Icíar Bollaín, Isabel Coixet, Achero Mañas ou Benito Zambrano.

La Biennale accorde une attention toute particulière aux réalisateurs qui s’efforcent de sonder la réalité de l’Espagne sans pour autant renoncer à l’invention formelle ni au plaisir du cinéma. En introduisant en 2004 pour la première fois dans sa compétition des documentaires, genre actuellement en plein renouveau en Espagne, le festival cherche également à questionner les clichés de l’hispanité. Les ruptures esthétiques entre les générations de cinéastes espagnols provoquent évidemment des polémiques, mais elles génèrent aussi une émulation salutaire, des remises en question pour certains et, au final, une production des plus variées aux thématiques les plus riches.

Depuis sa création, la Biennale a montré près de 650 films espagnols et reçu près de 330 invités.